Un 13 novembre

Cinq jours après.

Le 13 novembre 2015 est un jour d’horreur. La fin du monde. L’annonce du carnage a résonné comme un cauchemar.

Paris ! Paris et des fusillades, des terroristes qui se font exploser, la terreur, le sang, la peur. Notre cher Paris soudain figé. Les rues vides, les restaurants fermés, les sirènes hurlantes des ambulances et les conseils de pays en guerre « ne sors pas, reste ici pour la nuit« .

Les yeux rivés sur la télévision et sur les téléphones, écouter, ébahis, stupéfaits, sidérés, le nombre de morts augmenter sans cesse. 129 morts. Et tant de blessés. 129 absences, 129 vies arrêtées par la folie de barbares.

Le samedi matin, la France (l’Europe, le Monde !) s’est réveillée sous le choc. Ainsi donc, c’était vrai. Endormie à l’aube, j’ouvrais un oeil sur mon téléphone, prenais du bout des doigts le pouls de Paris. Le cauchemar continuait.

On ne sait pas quoi dire. D’ailleurs, aux gens que l’on croise, on répète sans cesse « je n’ai pas de mots« . Devant ce massacre, quoi d’autre sinon le silence?

Les monuments du monde se sont drapés de bleu, de blanc, de rouge. La Tour Eiffel s’est éteinte puis s’est rallumée aux couleurs du drapeau tricolore. La Marseillaise a résonné partout : dans les rues, sur les places, devant les ambassades, dans les stades, devant les monuments aux morts.

Des drapeaux ont été suspendus aux fenêtres. Des bougies ont brillé. On se raccroche à ce que l’on connaît, ce qui est rassurant, tous ces symboles d’une République que l’on réalise être la notre.

On reste stupéfait devant ce monde entier qui s’émeut, on renifle devant ces pays lointains qui disent penser à nous, on est en larmes en écoutant un stade entier (pourtant, d’habitude, on n’est pas spécialement ému, on se dit même « elle est vraiment très martiale la Marseillaise, non?« ), de l’autre côté de la Manche, chanter notre hymne de toute leur force.

On se dit, cela a eu lieu à Paris, vendredi soir. On cherche de nouveau quelque chose à dire mais au bout du compte, on reste silencieux. On se dit, c’est arrivé ailleurs. On se répète nos cours d’Histoire. On se dit, Paris, c’est la liberté !, la France, c’est le pays des Droits de l’Homme ! On se rend compte soudain qu’on y croit, à tout cela.

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Véritable fleuve de fleurs et de bougies devant l’ambassade de France à Berlin

13 novembre 2015. Pour les superstitieux, c’était un vendredi 13. Pour les autres, c’était un jour comme un autre. Un début de week-end. L’annonce de deux jours fériés, les deux jours préférés de millions de gens. Paris, soudain, prenait des allures de fête, on se serait cru dans du Hemingway. On parlait des cours, de la fac, du boulot, des collègues, des enfants, des vacances, de Noël. On parlait de la vie. Et soudain, plus rien. Le carnage. Puis le silence.

 

 

Une réflexion sur “Un 13 novembre

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