Faire la grève !

Pour ceux qui ne suivent pas l’actualité de la page Facebook de CCPH (si vous avez l’occasion ou l’envie : likez donc la page Facebook, c’est important pour le blog!), voici le petit billet publié hier matin alors que la berlinoise que je suis bataillait vaillamment dans les transports parisiens suite à un week-end de Pâques normand.

Le prochain article est en cours de rédaction !

Une histoire de mots !
Ah la grève – cette spécificité si joyeusement française avec ses trains arrêtés, ses foules massées sur les quais, ses kilomètres et kilomètres de bouchons, ses coups de colères, ses haussements d’épaules, ses promesses politiques et ses plans B.

Outre-Rhin, les grèves « à la française » laissent perplexes ou bien amusent. Les journaux en parlent avec une pitié mêlée de condescendance (« en Allemagne, ce ne se ferait pas » m’a-t-on déjà dit un jour). Mais d’un autre côté, ils nous envient cette caractéristique qu’ils mettent sur le compte de la Révolution française, ce petit charme français qu’ils associent aux baguettes, au croissant, au café noir et aux Parisiennes (oui les clichés ont la vie dure).

Mais que signifie « faire la grève »? L’expression est à ce point entrée dans le langage courant qu’on ne s’interroge plus guère quant à sa signification. Et pour comprendre, remontons au Moyen Âge et à Paris !

La place de Grève, à Paris ! Mais si voyons, face à l’hôtel de ville et au bord de la Seine. La place « de » Grève et non pas « de la » Grève, ne nous méprenons pas 🙂 ! Pourquoi ce nom?
La Seine n’est pas qu’un fleuve tranquille coulant sous le Pont Mirabeau (et nos amours faut-il qu’ils s’en souviennent…coucou Apollinaire 😍 !). C’est surtout le bras de Paris qui plonge dans la mer. Les bateaux remontaient le fleuve, dès toujours, dès l’Antiquité (les Parisii, Lutèce…!) pour rejeter leurs marchandises sur les quais de la ville.

Au Moyen-Âge, les navires déchargeaient leurs précieux biens à un endroit spécifique : proche de l’hôtel de Ville, sur une grève.

Car qu’est ce qu’une « grève »? Étymologiquement, certainement pas celle que nous subissons ces derniers jours ! Une grève, c’est une étendue de sable ou de graviers le long d’une rivière ou d’une mer. Et c’est sur la grève, proche de l’hôtel de ville, que se déchargeaient les bateaux !
Vous me suivez? D’où la place de Grève, car proche et où on regroupait les marchandises pour les vendre ensuite.

Mais pourquoi « faire la grève »? Parce que chaque matin, des hommes sans travail affluaient sur cette place pour se faire embaucher au déchargement des marchandises !
Donc « faire la grève », jusqu’au XIXeme siècle, n’avait rien à voir avec l’arrêt de son travail ou la protestation. Bien au contraire, « faire la grève », c’était attendre un travail.

« La grève » telle que nous la connaissons aujourd’hui remonte pourtant à des siècles (je me souviens d’un professeur d’Antiquité qui nous parlait d’un mouvement social chez les esclaves Égyptiens !).

En France, elle fut longtemps interdite. Jusqu’à la fin du XIXeme siècle, quiconque arrêtait son travail en signe de protestation risquait gros ! Les « grandes grèves » furent peu à peu soutenues (coucou Jaurès dont j’ai parlé dernièrement !) puis reconnues et légales. Certaines parsèment notre Histoire et sont devenues célèbres : celle de 1906 (premier grand mouvement social à l’échelle nationale), celle de 1936, celle de 1947, celle de 1968 et toutes les autres….
Joyeuses grèves ! Et courage !

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