Il y a cent ans – projet #1918

Le 11 novembre 2018, nous fêterons les cent ans (les cent ans !) de l’armistice.

Cent ans. Le monde s’unira probablement face à cet anniversaire à trois chiffres du point (plus ou moins) final de la fameuse der des der. On a beaucoup écrit, sur cette grande faucheuse de 1914-1918. Cette femme en noir à grand manteau qui embarqua avec elle des millions d’hommes, jeunes pour la plupart, à la fleur de l’âge, déjà prêts à tomber amoureux. Des livres sur ce sujet, je pourrais vous en citer à foison. Il y a aussi les mémoires, les souvenirs, les lettres de cette « génération perdue » (coucou Vera Brittain – dont les mémoires sont à lire, à lire, à lire).

De survivants des tranchés, il n’y a plus. Ils sont tous morts, disparus. Le dernier poilu vivant, Lazare Ponticelli est mort en 2008. On s’émut alors, sûrement. On s’imagina, s’émerveilla, on s’attendrit de la vie du dernier des derniers. Après lui, plus personne. Plus aucun survivants pour raconter, encore, celle qu’on surnomma « la Grande Guerre » et qui fut suivit, peu de temps après, d’une deuxième plus terrible encore.

Je me souviens parfaitement bien de la mort de Lazare Ponticelli. Cela m’avait touché, remué. Je m’étais rendue compte que 1914-1918 n’était pas si loin. Que mon arrière-grand-mère l’avait vécue, qu’elle avait tremblé pour ses frères et son amoureux. On a alors ressorti les photos anciennes où ils posent, élégants, empruntés, devant les décors champêtres du photographe. Les hommes ont leurs décorations, mon arrière-grand-mère Eugénie porte une belle robe comme on en portait alors et son chignon relevé. Ils ont l’air lointains, comme ailleurs. Les hommes creusent le dos, ce sont des survivants d’une grande grande guerre.  Je m’étais dit alors, ce n’est pas si vieux, pas si loin tout compte fait. Ces visages à jamais figés, jamais rencontrés (ma date de naissance et leurs dates de décès n’ont pas réussi à se mettre d’accord), ont des histoires à raconter.

Cent ans. C’est un grand anniversaire. Que le monde fêtera dignement, en grandes pompes, avec chefs d’États, historiens et tout le gratin des pays concernés par cette « meurtrière 14-18 ».

Le 11 novembre et ses tractations doivent être racontés. Mais il y a aussi après. Car 14-18 ne s’arrêta pas ainsi, comme ça, voilà, dans ce train de Compiègne. Elle ne disparut pas avec un signe de la main, un sourire d’excuse, un pardonnez-moi de tout ce chaos, ce brouhaha, de tous ces morts et de toutes ces larmes. Elle emporta avec elle un monde à jamais englouti. Et elle poussa sur les rails des révolutions et d’autres morts, des crises et d’autre morts, des conséquences innombrables et d’autres morts.

CCPH adore raconter des histoires. Et nous avons aussi envie de fêter dignement ces cent années d’après 14-18. Alors lançons-nous dans le projet d’il y a cent ans 1918.  

On va vous raconter des vies, des évènements oubliés, des discussions de couloirs et tout un fatras d'(H)histoire(s).

Enfin, nous lançons la corbeille à idées : si vous avez des questions, des sujets qui vous intéresse particulièrement sur cette fin 1918 et cet après 1918 – n’hésitez pas : sur Fb, en messages privés, via le blog. Avec Archi, on tentera de vous répondre !

2 réflexions sur “Il y a cent ans – projet #1918

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