Un mémorial normand

Court article publié sur la page Facebook (où il se passe des choses ! Allez l’aimer !!)

CCPH a des tonnes de choses à raconter. Dans le genre énorme. Et le projet « il y a cent ans 1918 » nous permet de fourmiller d’idées pour de prochains articles. D’ailleurs, on bosse on bosse pour qu’une nouvelle histoire soit postée dans la semaine.

Mais bon voila. La vilaine fée doctorat s’est transformée en ogre : elle dévore les heures, le temps perdu (et à perdre), les projets et les lectures. Mon cerveau baigne dans mon sujet de thèse, dans une sorte de jus nauséabond tiré des livres, des archives, des mémoires qui s’alignent de moins en moins sagement dans ma bibliothèque et dans mon ordinateur (ce cher Archi !).

Et puis, comme mon agenda ne me paraissait pas assez complet, je me suis mise au danois (passionnant !). Histoire de me replonger dans les délices de la découverte d’une nouvelle langue mais dont les racines plongent et s’entremêlent avec la langue allemande. Du coup, je m’amuse joyeusement avec mon danois, mon vocabulaire à apprendre, la prononciation bizarre (compliquée 😓), les règles de grammaires et autres joyeusetés.

Voila voila. Ah oui et puis, je passe ma vie (ma vie !) dans l’avion Berlin/Paris, doctorat oblige ; c’est presque si je ne connais pas chaque courbe dodue des nuages par coeur, chaque fil des fauteuils, chaque sourire des stewards et des hôtesses.

Bref. Pour résumer, CCPH est surbooké !

Mais c’est une histoire normande que j’ai envie de vous raconter aujourd’hui. C’est le week-end et il pleut (normal c’est la Normandie, me direz-vous). L’esprit surchauffe, le ciel gris nous appelle, nous voila sur les routes. Une pancarte nous interpelle : le Château de Robert le Diable.

Brrr. Ça sonne donjon, musique inquiétante, coassement des corbeaux, brume, douves et autres mystères angoissants. En arrivant, la déception est pourtant assez grande : le chateau de Robert est coincé entre une autoroute et des usines lointaines qui s’affalent à flanc de coteaux le long de la Seine glougloutante et mouillée. On repassera plus tard pour l’angoisse.

L’identité de Robert le Diable, est un mystère. Le père de Guillaume le Conquérant? Son fils plutôt? Qu’importe. Une légende du XIIeme siècle raconte qu’une femme ne pouvant pas avoir d’enfants auraient demandé au Diable de lui en donner un. Oui mais voila, le fils du Diable, quoi – ce ne fut pas un personnage sympathique. Loin de là. Mais un jour il se convertit, se repentit. La légende s’arrête là. L’Histoire du chateau traverses les siècles et les conflits.

En décembre/janvier 1870, les ruines romantiques et délaissées du chateau de Robert le Diable furent le théâtre d’une bataille franco-prussienne. Méconnue, clairement. Les prussiens étaient plus de mille. Les francais quelques centaines. La balance du destin pencha en faveur des prussiens bien sûr. Mais l’héroïsme des soldats français, morts dans cette boucle de la Seine, se transforma en gloire à l’aube du XXeme siècle. On érigea un mémorial : une tour en ruines, qui devait rappeler le chateau de Robert le Diable. Et un soldat, le regard fier et droit, qui contemple l’horizon.

Un mémorial pour une guerre oubliée. Où nous fûmes seuls à piétiner sous le crachin glacé.

 

 

 

 

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